Accueil Date de création : 24/10/09 Dernière mise à jour : 27/11/09 10:55 / 4 articles publiés
 

caroussel et tourniquet  posté le vendredi 27 novembre 2009 10:55


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Wer schön sein will muss leiden  posté le samedi 24 octobre 2009 18:29


Pourquoi as-tu de si grands yeux ?
Pourquoi as-tu la peau si tirée ?
Pourquoi as-tu une si grosse poitrine ?
Pourquoi es-tu si bien faite ?
 
Grand-mère, grand-mère
Pourquoi es-tu encore si jeune ?
 
Celui qui veut être beau doit souffrir, mon enfant
La Terre t'enviera, mon enfant
Ne sais tu pas, que celui qui vend son âme au diable
Sera toujours jeune, beau, svelte avec un ventre plat
Et je sais, que tu veux ça aussi
 
Pourquoi as-tu les jambes si fines ?
Pourquoi as-tu de si longs cheveux ?
Pourquoi as-tu les lèvres si pulpeuses ?
Pourquoi es-tu si étrange ?
 
Grand-mère, grand-mère
Pourquoi es-tu encore si jeune ?
 
Celui qui veut être beau doit souffrir, mon enfant
La Terre t'enviera, mon enfant
Ne sais tu pas, que celui qui vend son âme au diable
Sera toujours jeune, beau, svelte avec un ventre plat
Et je sais, que tu veux ça aussi
 
Écoutes-moi
Celui qui veut être beau doit supporter tellement de peine
Ne me regardes pas le coeur s'il te plait, mon enfant
Celui qui veut être beau doit avoir tellement de plaies
Ne me regardes pas le coeur s'il te plait
 
Celui qui veut être beau doit souffrir, mon enfant
La Terre t'enviera, mon enfant
Ne sais tu pas, que celui qui vend son âme au diable
Sera toujours jeune, beau, svelte avec un ventre plat
 
Celui qui veut être beau doit souffrir
 
Ne sais tu pas, que celui qui communique son corps au diable
Restera toujours jeune, aura beaucoup de succès et nagera dans l'argent
Et c'est bien ce qui compte.

 

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Narcisse....  posté le samedi 24 octobre 2009 18:13

Mais que ta bouche est belle en ce muet blasphème !

O semblable ! ... Et pourtant plus parfait que moi-même,
Ephémère immortel, si clair devant mes yeux,
Pâles membres de perle, et ces cheveux soyeux,
Faut-il qu'à peine aimés, l'ombre les obscurcisse,
Et que la nuit déjà nous divise, ô Narcisse,
Et glisse entre nous deux le fer qui coupe un fruit !
Qu'as-tu ?
                    Ma plainte même est funeste ? ...
                                                                     Le bruit
Du souffle que j'enseigne à tes lèvres, mon double,
Sur la limpide lame a fait courir un trouble ! ...
Tu trembles ! ... Mais ces mots que j'expire à genoux
Ne sont pourtant qu'une âme hésitante entre nous,
Entre ce front si pur et ma lourde mémoire ...
Je suis si près de toi que je pourrais te boire,
O visage ! ... Ma soif est un esclave nu ...
       Jusqu'à ce temps charmant je m'étais inconnu,
Et je ne savais pas me chérir et me joindre !
Mais te voir, cher esclave, obéir à la moindre
Des ombres dans mon cœur se fuyant à regret,
Voir sur mon front l'orage et les feux d'un secret,
Voir, ô merveille, voir ! ma bouche nuancée
Trahir... peindre sur l'onde une fleur de pensée,
Et quels événements étinceler dans l'œil !
J'y trouve un tel trésor d'impuissance et d'orgueil,
Que nulle vierge enfant échappée au satyre,
Nulle ! aux fuites habiles, aux chutes sans émoi,
Nulle des nymphes, nulle amie, ne m'attire
Comme tu fais sur l'onde, inépuisable Moi !...

 

 

Paul Valéry

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Le châtiment de l'orgueil  posté le samedi 24 octobre 2009 17:59

En ces temps merveilleux où la Théologie
Fleurit avec le plus de sève et d'énergie,
On raconte qu'un jour un docteur des plus grands,
– Après avoir forcé les cœurs indifférents ;
Les avoir remués dans leurs profondeurs noires ;
Après avoir franchi vers les célestes gloires
Des chemins singuliers à lui-même inconnus,
Où les purs Esprits seuls peut-être étaient venus, –
Comme un homme monté trop haut, pris de panique,
S'écria, transporté d'un orgueil satanique :
"Jésus, petit Jésus ! je t'ai poussé bien haut !
Mais, si j'avais voulu t'attaquer au défaut
De l'armure, ta honte égalerait ta gloire,
Et tu ne serais plus qu'un
foetus dérisoire !"
 
Immédiatement sa raison s'en alla.
L'éclat de ce soleil d'un
crêpe se voila ;
Tout le chaos roula dans cette intelligence,
Temple autrefois vivant, plein d'ordre et d'opulence,
Sous les plafonds duquel tant de
pompe avait lui.
Le silence et la nuit s'installèrent en lui,
Comme dans un caveau dont la clef est perdue.
Dès lors il fut semblable aux bêtes de la rue,
Et, quand il s'en allait sans rien voir, à travers
Les champs, sans distinguer les étés des hivers,
Sale, inutile et laid comme une chose usée,
Il faisait des enfants la joie et la risée.

Spleen et Idéal, XVI

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